Politique

Indépendance de la Côte d’Ivoire : Ouattara appelle à l’unité, au travail et au respect de la loi

Par ESSOH EmmanuelLe samedi 8 août 2026 à 14:53
Indépendance de la Côte d’Ivoire : Ouattara appelle à l’unité, au travail et au respect de la loi

À la veille du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, célébré le 7 août 2026 à Yopougon, le président Alassane Ouattara a adressé, jeudi 6 août, un message à la Nation. Le chef de l’État a placé cette commémoration sous le signe de l’unité, du travail et de la confiance en l’avenir, tout en insistant sur le respect de la loi et la protection des populations.

Soixante-six ans après l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, Alassane Ouattara a choisi de revenir sur le chemin parcouru depuis le 7 août 1960. Dans son adresse, le président de la République a salué la mémoire du père fondateur de la Nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, ainsi que celle de ses compagnons de lutte.

Le chef de l’État a également rendu hommage aux Forces de Défense et de Sécurité, dont la mission demeure étroitement liée à la préservation de la paix et de la stabilité du pays.

Cette célébration intervient dans un contexte particulier. Pour la première fois, le grand défilé de la fête nationale est organisé à Yopougon, l’une des communes les plus peuplées du pays. Le choix de cette commune est présenté par les autorités comme un symbole de proximité, de solidarité et de cohésion nationale. Le thème retenu pour le défilé met d’ailleurs en avant les Forces de Défense et de Sécurité au service de la paix, de l’unité et du développement.

L’unité et le travail comme piliers du développement

Dans son message, Alassane Ouattara a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale. Pour le président, les progrès enregistrés depuis 1960 sont le résultat d’un effort collectif et doivent être consolidés par une mobilisation de l’ensemble des composantes de la société.

Cette vision renvoie à un principe simple : le développement ne peut reposer uniquement sur l’action de l’État. Travailleurs, entrepreneurs, agriculteurs, enseignants, artisans, jeunes et femmes sont appelés à participer, chacun dans son domaine, à la transformation du pays.

Le président a ainsi mis en avant le travail, la discipline et l’effort collectif comme des leviers indispensables pour poursuivre la marche vers une Côte d’Ivoire plus moderne.

« Notre ambition est de bâtir une grande Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré, en mettant notamment en avant la poursuite des investissements dans les infrastructures, l’accès à l’eau, une éducation de qualité, les soins de santé, l’emploi et l’amélioration du pouvoir d’achat.

Cette orientation s’inscrit dans la continuité des priorités affichées par le gouvernement pour la période 2026-2030, notamment en matière d’accès aux services essentiels et de développement économique.

Femmes, entrepreneurs et agriculteurs au cœur de la dynamique nationale

L’adresse présidentielle a également accordé une place particulière aux femmes et aux entrepreneurs. Le chef de l’État a salué leur courage, leur capacité d’initiative et leur contribution à l’activité économique.

Dans une économie où le secteur privé et l’entrepreneuriat occupent une place croissante, la création d’activités et d’emplois apparaît comme un enjeu important, notamment pour une jeunesse en quête de perspectives.

Le président a par ailleurs rendu hommage aux agriculteurs. Leur rôle dépasse, selon le message présidentiel, la seule production agricole : ils participent directement à la souveraineté alimentaire et à la prospérité nationale.

Cette reconnaissance intervient alors que la transformation locale des productions, l’amélioration des revenus agricoles et la modernisation des chaînes de valeur demeurent des défis importants pour l’économie ivoirienne.

Catastrophes naturelles : compassion et poursuite des opérations sur les sites à risque

Autre volet important de l’adresse présidentielle : la gestion des catastrophes et la protection des populations.

Alassane Ouattara a renouvelé ses condoléances aux familles des victimes des catastrophes naturelles et exprimé sa compassion aux populations sinistrées.

Le chef de l’État a également annoncé que les opérations de déguerpissement des populations installées sur des sites présentant des risques se poursuivront. Il a toutefois insisté sur la nécessité de conduire ces opérations dans le strict respect des droits et du cadre légal.

Cette précision intervient dans un contexte marqué par plusieurs opérations de déguerpissement à Abidjan. Le président a notamment évoqué les opérations menées en dehors du cadre légal, indiquant que des enquêtes approfondies étaient en cours.

« Elles font l’objet en ce moment d’enquêtes approfondies et les responsabilités seront établies et donneront lieu aux sanctions prévues par la loi », a-t-il déclaré.

Le message est ainsi double : prévenir les risques auxquels sont exposées les populations installées dans des zones dangereuses, mais également rappeler que l’action publique doit s’exercer dans le respect des procédures et des droits.

« Force reste à l’État et à la loi »

Sur cette question, le président de la République a adopté une position particulièrement ferme. Il a rappelé que nul ne peut se prévaloir de l’autorité de l’État pour agir en dehors du cadre légal.

« Personne ne peut agir au nom de l’État, en dehors de l’État, sans en subir les conséquences », a-t-il affirmé, en soulignant que la dignité humaine et l’application de la loi doivent rester au cœur de l’action publique.

Cette mise au point donne une dimension institutionnelle au message présidentiel. Elle rappelle que la puissance publique ne se résume pas à la capacité d’intervenir sur le terrain : elle implique également le respect des règles qui encadrent l’exercice de l’autorité.

Pour les populations concernées par les opérations de déguerpissement, l’enjeu est donc de concilier impératif de sécurité, prévention des risques et respect des droits.

De 1960 à 2026, une responsabilité collective

À travers cette adresse, Alassane Ouattara inscrit le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance dans une double perspective : mesurer le chemin parcouru et préparer les prochaines étapes.

Depuis 1960, la Côte d’Ivoire a profondément transformé ses infrastructures, son économie et ses services publics. Mais les défis restent nombreux : emploi, pouvoir d’achat, accès aux services essentiels, sécurité, urbanisation maîtrisée et cohésion sociale.

Le message présidentiel invite ainsi les Ivoiriens à considérer l’indépendance non seulement comme un héritage historique, mais aussi comme une responsabilité collective.

La célébration à Yopougon, avec le grand défilé militaire et la participation des forces vives de la Nation, doit prolonger cette volonté de rassemblement. Les autorités veulent en faire un moment de communion nationale autour de la paix, de la solidarité et du développement.

Au-delà des cérémonies du 7 août, la véritable portée de cette 66ᵉ fête de l’Indépendance se mesurera toutefois dans la capacité des institutions et des citoyens à transformer ces engagements en résultats concrets. La prochaine étape sera donc de poursuivre les actions annoncées tout en veillant à ce que le développement, la sécurité et l’application de la loi avancent de manière équilibrée.