Riz : la Côte d'Ivoire accélère sa marche vers la souveraineté alimentaire

Réunis à Yamoussoukro, les acteurs de la filière riz veulent accélérer la production locale. Malgré une production en hausse, la Côte d'Ivoire importe encore 1,6 million de tonnes de riz par an
Le riz est aujourd'hui l'aliment de base le plus consommé en Côte d'Ivoire, avec une consommation moyenne estimée à 84 kg par habitant et par an. Cette forte demande fait du développement de la filière rizicole un enjeu majeur de sécurité alimentaire, de création d'emplois et de croissance économique. Pour relever ce défi, l'État, les producteurs, les transformateurs et les partenaires techniques intensifient leurs actions afin d'accroître la production nationale, d'améliorer la qualité du riz local et de réduire durablement la dépendance du pays aux importations.
Depuis le 21 juillet 2026, le Palace Hôtel de Yamoussoukro accueille les principaux acteurs du secteur autour du thème : « Souveraineté alimentaire et industrialisation de la filière riz en Côte d'Ivoire : défis, opportunités et innovations ». Cette rencontre constitue une plateforme d'échanges destinée à définir des solutions concrètes pour moderniser l'ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la transformation industrielle.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la Côte d'Ivoire demeure le deuxième importateur de riz en Afrique, derrière le Nigeria. Chaque année, le pays importe environ 1,6 million de tonnes de riz blanchi, pour une facture estimée à plus de 722 millions de dollars, soit plus de 430 milliards de FCFA. Les principaux fournisseurs sont l'Inde, le Vietnam, le Pakistan et la Thaïlande.
La consommation nationale est estimée à près de 3 millions de tonnes de riz blanc par an, tandis que la production locale ne couvre qu'une partie de cette demande. Selon les campagnes agricoles, la production oscille entre 1,5 et 2,3 millions de tonnes de riz paddy, soit un volume insuffisant pour satisfaire les besoins du marché intérieur. Les exportations demeurent ainsi quasi inexistantes, la production nationale étant absorbée par la consommation locale.
Pour inverser cette tendance, le gouvernement a engagé plusieurs réformes au cours de l'année 2026. Une phase pilote de mécanisation a été lancée à Daloa et Yamoussoukro, avec la mise à disposition de tracteurs, d'engrais et de semences améliorées afin d'accroître les rendements des exploitations.
Parallèlement, le Fonds national pour la science, la technologie et l'innovation (FONSTI) finance des projets de recherche visant à développer des variétés de riz plus performantes, à améliorer la productivité et à réduire la dépendance aux importations.
L'État encourage également la création de rizeries industrielles modernes afin d'améliorer la qualité du riz local, d'accroître sa compétitivité et de renforcer la transformation sur le territoire national.
Dans cette dynamique, Yamoussoukro accueillera en septembre 2026 la première édition du Festival international du riz de Côte d'Ivoire (FESTIRIZ CI), un rendez-vous qui réunira les différents acteurs de la filière autour des défis liés à l'industrialisation, à l'innovation et à la souveraineté alimentaire.
