Carburant en Côte d’Ivoire : pourquoi le litre de Super atteint-il 905 FCFA en août 2026 ?

Depuis le 1er août 2026, les automobilistes ivoiriens paient plus cher à la pompe. Le litre de Super sans plomb est passé de 875 à 905 FCFA, tandis que le gasoil atteint 725 FCFA. Cette hausse intervient dans un contexte de tensions sur les marchés pétroliers internationaux et relance les interrogations sur son impact sur le transport et le pouvoir d’achat.
Les automobilistes ivoiriens doivent désormais composer avec une nouvelle hausse des prix du carburant. Depuis le 1er août 2026, le litre de Super sans plomb est vendu à 905 FCFA, contre 875 FCFA auparavant, soit une augmentation de 30 FCFA. Le prix du gasoil connaît également une progression, passant à 725 FCFA le litre, contre 700 FCFA précédemment.
Cette nouvelle hausse intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés pétroliers internationaux. Les perturbations du trafic maritime, notamment autour du détroit d’Ormuz, ainsi que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient contribuent à maintenir la pression sur les cours du pétrole.
Les nouveaux prix à la pompe
Depuis le début du mois d’août, les principaux produits pétroliers affichent les tarifs suivants :
Super sans plomb : 905 FCFA/litre, soit +30 FCFA
Gasoil : 725 FCFA/litre, soit +25 FCFA
Gaz butane de 6 kg : 2 000 FCFA, prix subventionné inchangé
Gaz butane de 12,5 kg : 5 200 FCFA, également maintenu
Le maintien des prix du gaz butane traduit la volonté des autorités de limiter l’impact de la hausse des coûts énergétiques sur les ménages.
Pourquoi les prix augmentent-ils ?
En Côte d’Ivoire, les prix des carburants sont régulièrement révisés à travers un mécanisme d’ajustement mensuel, qui tient notamment compte de l’évolution des cours internationaux du pétrole.
Lorsque le prix du brut et celui des produits raffinés augmentent sur les marchés mondiaux, la facture des importations s’alourdit pour les pays qui dépendent encore largement des achats extérieurs. Cette situation se répercute progressivement sur les prix à la pompe.
À l’échelle africaine, les pays importateurs de produits pétroliers sont particulièrement exposés à ces fluctuations. Une hausse du carburant peut rapidement se transmettre aux coûts du transport, de la logistique et, indirectement, au prix de nombreux produits de consommation.
Une hausse qui s’inscrit dans une tendance de long terme
L’évolution actuelle ne date pas de 2026. Depuis 2011, les prix des hydrocarbures en Côte d’Ivoire ont connu plusieurs périodes de hausse et de stabilisation.
Au début des années 2010, l’État avait maintenu les prix à des niveaux relativement bas grâce notamment à des mesures fiscales destinées à soutenir les consommateurs après la crise post-électorale.
En 2013, une première série de hausses a rapproché le prix du Super de 766 FCFA le litre. Par la suite, le mécanisme d’ajustement mensuel a progressivement renforcé le lien entre les prix nationaux et les fluctuations du marché international.
Entre 2017 et 2018, plusieurs ajustements ont notamment fait évoluer le prix du Super d’environ 620 à 640 FCFA, avant de nouveaux paliers.
Du choc de 2022 aux niveaux de 2026
La crise russo-ukrainienne de 2022 a marqué un nouveau tournant. La flambée mondiale des prix de l’énergie a fait progresser le Super au-delà de 735 FCFA le litre.
En 2023, la pression s’est encore accentuée. Le Super a atteint environ 875 FCFA, tandis que le gasoil s’est établi autour de 715 FCFA à l’automne, avec des conséquences directes sur les coûts de transport.
Fin 2025, une légère détente avait permis au prix du Super de redescendre temporairement à 820 FCFA en novembre.
Mais entre mai et août 2026, les nouvelles tensions sur le marché pétrolier international ont inversé cette tendance. Le prix du Super atteint désormais 905 FCFA, tandis que le gasoil est fixé à 725 FCFA.
Cette évolution montre à quel point les prix à la pompe restent sensibles aux événements internationaux. Pour les ménages et les transporteurs ivoiriens, chaque hausse du carburant représente ainsi une pression supplémentaire sur les dépenses quotidiennes et les coûts de déplacement.
